Pollution intérieure, tous les français sont touchés

Bisphénols, phtalates, parabènes, éthers de glycol, retardateurs de flamme et composés perfluorés… Ce sont plus de 70 molécules que le programme de biosurveillance Esteban, confié à Santé Publique France, a cherché à mesurer entre 2014 et 2016 dans les urines, le sang et les cheveux de 1104 enfants et 2503 adultes en France. Et les résultats ne sont pas bons…

 

Les résultats de cette étude, publiés début septembre, sont alarmants et montrent que :

  • Ces polluants sont présents dans l’organisme de l’ensemble des adultes et des enfants
  • Des niveaux de contamination plus élevés sont retrouvés chez les enfants

Ces molécules sont pour certaines des perturbateurs endocriniens ou des cancérigènes, avérés ou suspectés, qui peuvent engendrer des troubles pour la santé des personnes et en particulier des plus petits.

L’étude montre également que ces contaminations dépendent de plusieurs facteurs et peuvent avoir plus sources :

  • L’alimentation, même si elle n’est pas une source d’exposition exclusive à ces substances, avec ses emballages plastiques et une faible aération des produits une fois emballés est un vecteur de contamination
  • L’utilisation de produits cosmétiques et de soins augmente les niveaux de contamination, en particulier pour les parabènes et les éthers de glycol
  • La fréquence de l’aération du logement a une influence sur les niveaux de contamination pour les composés perfluorés et les retardateurs de flamme bromés (plus le logement est aéré, moins les niveaux de contamination sont élevés)

Pour les enfant, plusieurs hypothèses sont avancées par Santé Publique France pour expliquer ces niveaux plus élevés de contamination : des contacts cutanés et de type « main bouche » plus fréquents pour des produits du quotidien (jouets, peintures…), des expositions plus importantes liées par exemple à une exposition accrue aux poussières domestiques ou à un poids corporel plus faible par rapport à leurs apport alimentaires, comparativement aux adultes.

L’usage de ces molécules chimiques est réglementé, avec souvent un seuil nommé Dose Journalière Admissible (DJA), qui devrait correspondre à la quantité sensée pouvoir être “consommée” sans risque pour la santé. Cependant il est maintenant connu que pour les perturbateurs endocriniens cette DJA n’a plus de sens car ils ont des effets même à très faibles doses (parfois des dizaines voir des centaines de fois inférieur à la DJA) ou leurs effets sont multipliés par un effet cocktail.

Il est donc essentiel dans son hygiène de vie de mettre en place des actions pour réduire les contacts avec ces produits et ces substances :

  • Alimentation brute ou peu transformée, issue de l’agriculture biologique, en vrac pour réduire les emballage et préparée et conservée avec des ustensiles le plus neutres possibles (éviter les poêles anti-adhésive, les boites en plastique pour les aliments chauds, etc.)
  • Produits ménagers et cosmétiques avec un eco-label ou des labels bio (idéalement Nature & Progrès ou Demeter par exemple) ou fabriqués maison avec des produits que vous maitrisez
  • Changer régulièrement les sacs et les filtres de son aspirateur pour éviter de remettre en circulation les poussières
  • Privilégier des produits d’ameublement en bois massif pour réduire les colles, réduire les mousses synthétiques par l’usage de matières naturelles bio (coton, lin, chanvre…), utiliser des produits d’occasion qui ont déjà “re-largués” une partie de leurs composés chimiques dans le temps et aérer quotidiennement son logement.

D’autre études seront surement nécessaires mais nous pouvons espérer que celle-ci accélère la prise de conscience générale de la dangerosité des substances chimiques de synthèse dont l’usage s’est généralisé dans notre environnement de tous les jours et dont les effets sur la santé sont encore loins d’être complètement maitrisés.

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